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Paul Quinnet
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TEXTRAITS DU LIVRE DE PAUL QUINNETT    « LE SUICIDE  »
en 10 pages



Cher lecteur,

Je ne vous connais pas et j’ignore pourquoi vous choisissez de lire ce livre là. J’ai choisi d’écrire pour vous, comme si vous étiez assis en face de moi, dans mon bureau. C’est dans ce bureau que j’écoute les gens, que je leur parle et tente de les aider à résoudre leurs problèmes.

Dans ce livre, je vous parlerai du suicide sans tabou, parce que plus on découvre le suicide, plus on en découvre sur la vie.  J’ai écris sur le suicide parce que beaucoup de gens se suicident sans avoir jamais su qu’un simple coup de téléphone aurait pu les sauver. Ce livre trouvera son utilité s’il sert à quelqu’un qui ne sait pas qu’une aide est possible.

Ce livre parle du suicide et de votre vie, ou de celle d’un proche. Mon expérience de thérapeute m’a simplement conforté dans l’idée que cet ouvrage peut vous aider à aborder vos problèmes d’une manière constructive.

Suicide et folie

La plupart des personnes qui se suicident ne sont pas malades mentaux, ce sont généralement des gens comme vous et moi, ce sont juste des personnes qui ont décidé que la vie ne valait pas la peine d’être vécue. Je vous encourage  de lire ce livre  pour comprendre le  pourquoi du suicide, pour découvrir ses tenants et ses  aboutissants. Les êtres humains sont les seul à pouvoir envisager leur sa propre mort. Chacun d’entre nous veut la mettre en scène comme au cinéma, fermer les yeux et se figurer étendu, sans vie, dans un cercueil et c’est cette image qui nous permet de regarder le suicide comme une solution à  nos problèmes et personne ne pourra nous empêcher de songer à cette éventualité.

C’est notre cerveau, notre imagination, notre capacité d’envisager la mort qui fait de nous des humains. Et personne ne peut nous empêcher d’être des êtres humains. Vous avez le droit de penser au suicide comme moyen de résoudre votre problème actuel. Le suicide est une décision que chacun peut prendre. C’est, parfois, la seule décision qui s’offre à nous. C’est même pour certains la solution qui leur semble la meilleure.
Personne ne pense à résoudre un problème en se disant : “Je crois que je prends une mauvaise décision!”.
Que se passe-t-il si nous ne disposons pas de toutes les informations nécessaires pour prendre la bonne décision?
Combien de fois avez-vous reconsidéré une décision que vous aviez prise en vous disant: “Je n’aurais pas du faire cela. Je ne savais pas que cela tournerait ainsi. Comment ai-je pu être aussi stupide?. Prendre des résolutions qu’on regrette plus  tard est tout simplement une façon de se comporter comme un être humain. Que faire dans la vie ?, avec qui se marier ?, comment continuer à vivre ? Chacun d’entre nous est confronté aux mêmes problèmes.

Mais il y a de l’espoir. En vieillissant, nous devenons plus intelligents. Ainsi il y a des décisions que vous avez prises dans votre enfance et que vous ne reprendriez plus aujourd’hui, compte tenu de ce que vous savez.
Faire preuve d’ignorance, c’est manquer, à un moment donné, d’éléments nécessaires.
Quel est le rapport avec le suicide ? Lorsque les personnes  envisagent de mettre fin à leurs jours, ils ne maîtrisent pas tous les faits, même s’ils en ont peut-être l’impression.

J’ai appris au moins une chose auprès des gens qui voulaient se suicider: une fois leur décision prise, ils se sentent beaucoup mieux. Certains d’entre eux disent même être merveilleusement bien.
Certains jeunes pensent au suicide comme si c’était un jeu, quand ils ont un problème sérieux, ils se disent : Je crois que je vais tenter de me suicider cette semaine. Et si ça ne marche pas, j’essayerai autre chose la semaine prochaine.

Je veux vous convaincre, à travers ce livre, que ce qui semble, a priori, une solution simple et rapide ne l’est pas en fait. Il arrive que  le suicide soit une affaire compliquée et embrouillée. Il crée autant de problèmes  qu’il en résout.

Une idée qui tue

L’idée du suicide n’a pas surgi, dans votre tête, du jour au  lendemain. Demandez-vous quand vous avez songé à vous suicider pour la première fois. Quelqu’un dans votre entourage a-t-il tenté de se suicider? Cette idée est  venue de quelqu’un d’autre: un ami, un membre de notre famille, une personne connue. Quelqu’un, quelque part nous a montré que le suicide était une chose possible.
 
Avez-vous comparé votre détresse à celle d’un membre de votre entourage et décidé que, comme lui, le suicide était pour vous la bonne solution?  Si vous répondez affirmativement, je vous dirai alors : Votre vie, votre problème, la douleur que vous ressentez, sont-ils les mêmes que les siens ? Etes-vous la même personne traversant une crise, en tout point, comparable? Vous devriez répondre non à cette question parce que nous sommes tous différents les uns des autres. Nous sommes, chacun, des êtres humains uniques

Le droit de se tuer

Même si vos raisons  sont excellentes, même si vous êtes effroyablement mal dans votre peau, ce n’est pas à un autre (ami, psychiatre, médecin, thérapeute) de vous autoriser à mettre fin à vos jours. Ces personnes soignantes sont là pour sauver des vies et non à aider à y mettre fin, ils ne savent pas ce qu’il y a de mieux pour vous. Une fois que vous nous aurez quittés, il importera peu de savoir si, oui ou non, vous aviez le droit de mourir.

Pour le moment, admettons cependant que, même si le suicide est contraire à la loi civile et à la loi de Dieu, vous avez le droit de lui accorder quelque crédit. Malgré les convictions de vos amis et de vos parents, nous savons, vous et moi, que vous pouvez toujours vous donner la mort. Si vous voulez vraiment mettre fin à vos jours, rien ne vous en empêchera.

Le droit de douter

J’ai rencontré beaucoup de personnes  suicidaires, et  même aux moments les plus sombres, elles oscillent entre l’envie d’en finir et l’envie de continuer à  vivre. Cette hésitation est absolument normale, presque tous les gens qui veulent se suicider, ont des doutes, même au moment de l’acte. Cette hésitation  est le fait d’être en proie à des sentiments contradictoires. Vous désirez faire quelque chose et, en même temps, vous ne le désirez pas.  A un moment il vous semble préférable de mourir, alors qu’une seconde plus tôt le choix de vivre vous semblait le meilleur. Ces pensées usent toute votre énergie, ce tourbillon vous épuise. Il est normal de douter d’une décision comme celle de vouloir mettre fin à ses jours, même si vous avez l’impression de devenir fou à force de penser au suicide.

Chacun de ces deux désirs pèse tour à tour sur la balance sans que personne parmi nous ne sache, pour le moment, ce qui pourrait bien la faire pencher dans un sens plus que dans l’autre. Une lettre qui n’arrive pas, une telle déception, minime en soi, pourrait faire pencher la balance du mauvais côté. A l’opposé, un coup de téléphone d’un être cher pourrait faire pencher la balance dans le bon sens. C’est cela qui est inquiétant dans l’hésitation.

Cela me rappelle l’histoire d’un homme qui s’est jeté dans une rivière et s’est raté. Pendant qu’il se débattait dans le courant, un policier lui lança une corde pour le sauver. L’homme refusa de la saisir. Le policier sortit alors son pistolet et le brandit en direction de l’homme, menaçant de le tuer. L’homme, confronté à une mort certaine, à tout ce qu’elle a de véritablement négatif, attrapa la corde !...

Un jeu dangereux

Quand nous souffrons et avons du mal à prendre la décision de vivre ou de mourir, nous flirtons parfois avec la mort. Nous jouons avec le suicide. Cela revient à lancer une pièce en l’air: face je vis, et pile, je meurs. C’est cela l’hésitation.

Bien qu’on n’ait pas besoin d’être fou pour penser au suicide, ce jeu avec la mort est vraiment fou. Cela ressemble à une personne qui, avalant un tube de somnifères, ne sait pas si elle en prend assez pour que ce soit efficace. Elle peut se réveiller comme elle peut en  mourir. Elle laisse le destin décider à sa place. Mettre sa vie en jeu, même si on touche le fond du désespoir, est la pire des solutions.

Quand vous êtes prisonnier de l’hésitation “vivre ou mourir” et que vous ne savez plus ou aller, vous croyez  êtes certains de vos sentiments. Il existe  une troisième solution, celle de continuer à vivre comme vous êtes aujourd’hui. En réalité, aucune crise ne dure éternellement et il est tout à fait normal de ne pas être sur de vouloir mourir.

La possibilité de reculer

Je vais partir du principe que, si vous  avez pensé au suicide, vous avez aussi pensé à la façon de vous y prendre,  ce n’est pas seulement la décision qui importe, c’est aussi la façon dont on envisage de passer à l’acte. Ce n’est pas chose aisée de tuer  un être humain, même si vous avez décidé de faire le travail vous-même, il vous a fallu réfléchir, quelques instants, à la façon de procéder. Plus le projet est précis, plus le risque est grand.

Rappelez-vous cette plaisanterie de Woody Allen: “Je n’ai pas peur de mourir, simplement, je ne veux pas être là quand ça se passera!” Beaucoup de suicidaires l’affirment: s’ils ne peuvent plus rien contrôler de leur vie, ils peuvent au moins décider du comment et du quand de leur mort. Cette sensation de contrôle est un sentiment agréable, un peu comparable à ce qu’on ressent la première fois qu’on trouve son équilibre à vélo.

Cette impression de tenir en main notre propre destin est très importante, si importante que beaucoup  de gens se tuent justement pour se convaincre qu’ils contrôlent, au moins, quelque chose de leur avenir. Il faut cependant se méfier de ces projets suicidaires quand on les met à exécution: ils ont leur propre pouvoir, échappant au contrôle de celui qui les a conçus. Le candidat au suicide n’est plus maître de ses actes mais se laisse déborder par eux.

La mouche et le verre

Imaginez que depuis quelques semaines ou quelques mois, vous soyez pris au piège, comme une mouche dans un verre. Comment vous en sortirez-vous ? Ce sera à vous de trouver mais je peux peut-être vous aider.

A force de tourner et tourner  encore dans notre verre sans voir aucun moyen d’en sortir, nous décidons que tout espoir s’est envolé et que nous sommes prisonniers à jamais. Nous avons beau tenter de grimper le long de la paroi du verre, nous retombons sans cesse vers le  fond. Toutes nos tentatives échouent et nous finissons par nous convaincre qu’il n’y a aucune issue de secours. C’est alors que, désemparés, désespérés, les idées noires nous envahissent, la dépression nous gagne et, parfois même, nous devenons suicidaires.

Nous avons beau être plus grands et prétendument plus intelligents que les mouches, nous ne faisons pas un meilleur boulot qu’elles quand il s’agit de nous sortir d’un mauvais pas. Une fois pris dans certains problèmes, je ne suis pas bien sur que nous soyons tous vraiment capables de réfléchir seuls à la façon de nous  en sortir.

La solitude apprivoisée

Je ne  sais rien de la solitude dans laquelle vous êtes enfermé et je ne prétends pas le savoir. Tout comme vous, je suis seul face aux vrais problèmes de la vie et c’est seul que je quitterai ce monde. Chacun de nous a vécu l’expérience de la solitude. Je crois donc pouvoir partager, au même titre que vous, ce que j’en sais.

La solitude, quand on cesse d’y penser en termes personnels, est une expérience universelle. Elle est notre lot à tous. Personne ne peut y échapper. Grâce à elle, nous pouvons nous comprendre un peu mieux les uns les autres, et nous serons toujours seuls face à nous-mêmes pour découvrir ce que  nous devons savoir de la vie.
Et c’est pour mieux comprendre ce sentiment de solitude que nous devons l’aborder ensemble. Nous avons tous des pensées et des sentiments que nous gardons secrètement pour nous, tout au long de notre vie. Nous avons tous des espoirs, des craintes, des rêves intimes que nous préférons enfouir plutôt que de les partager, même avec nos proches, c’est un tort.

Il est essentiel que nous puissions parler ouvertement de la solitude. Sous sa forme la plus destructrice, elle est notre ennemi numéro un. Tous ceux qui réfléchissent au sens de la vie, la rencontrent, un jour ou l’autre, sur leur passage. Elle nous donne l’atroce impression que, dans le monde entier, personne ne s’intéresse à nous, la solitude est sûrement une des dispositions d’esprit dans laquelle on songe le plus fréquemment à se donner la mort.

Enfermés dans leur solitude, les candidats au suicide se persuadent facilement que la mort vaut mieux que la vie. Si je meurs je ne serais plus jamais seul. Alors pourquoi ne pas en finir tout de suite? Telle est la terrible logique dans laquelle la solitude peut nous entraîner. Avez-vous remarqué que lorsque nous nous sentons effroyablement seuls, les autres nous paraissent très entourés? Et le sentiment d’une telle différence rend la solitude insupportable.

Etre seul et se sentir seul

Etre seul ne veut pas dire nécessairement se sentir seul. On petit être complètement isolé au sommet d’une montagne et ne pas se sentir seul pour autant. On peut vivre entouré de milliers de gens, dans une grande ville, et crever, en même temps, de solitude.
 
Beaucoup de candidats au suicide, lorsqu’ils se retrouvent seuls face à eux-mêmes, se sentent souvent, vides et
incomplets. C’est comme si la présence des autres était indispensable pour les remplir et leur donner tout leur sens. Ils sont prêts à n’importe quoi, simplement pour se trouver en présence d’autres personnes.
Une des causes de la solitude, est que nous ne nous aimons pas suffisamment. Ce n’est pas la solitude par elle-même qui est notre ennemie mais plutôt la crainte que l’on en a.

Sortir de l’isolement

Nous exigeons des autres qu’ils fassent tout leur possible pour ne pas nous laisser ainsi. Nous leur demandons de venir à nous pour deviner ce que nous pensons et ressentons.  Il faut vous rendre à l’évidence. Les gens préféreront toujours éviter ceux qui se comportent en pauvres bougres abandonnés.

Les gens débrouillards savent, depuis des siècles, que la façon la plus rapide de se faire des amis et de ne jamais se retrouver seul dans la vie est tout simplement de s’intéresser aux autres et de les amener à parler d’eux-mêmes. Nous devons tous apprendre à cesser de parler de nous pour écouter et en apprendre plus sur les autres. C’est aussi simple que cela.

La clé du mystère pour rompre notre solitude, c’est de ne parler de nous-mêmes que quand on nous pose une question et, dans ce cas, de ne donner que des ré ponses brèves. Plus tard, quand nous aurons vraiment fait connaissance, nous pourrons enfin parler librement de nous

Du côté de la dépression

A de rares exceptions près, la dépression ne dure pas. Je suis sur qu’il vous est déjà arrivé d’être triste et déprimé et pourtant vous avez  toujours fini par vous en sortir.  J’aimerais tout de même vous aider à comprendre certaines choses à propos de la dépression. 60 pour cent des gens qui tentent de se suicider sont déprimés.

Il y a donc de fortes chances que vous le soyez, vous aussi. Quand on est dans cet état, on a plutôt envie de s’enfuir à l’autre bout de la planète. On aimerait pouvoir dormir sans arrêt, s’abrutir devant la télévision ou se faire réconforter par un être cher. Lorsqu’elle est sérieuse, elle nous rend malade, nous plonge dans le désespoir et nous donne l’impression qu’il en sera toujours ainsi.

Quand on est franchement déprimé, on ne peut plus rien envisager de bon pour l’avenir.

Le deuil difficile

Les raisons de plonger dans la dépression sont nombreuses.  Quand nous perdons quelque chose ou quelqu’un, nous avons tendance à nous sentir déprimés. Imaginons maintenant que nous perdions la santé. Tant que nous ne sommes pas malades, il nous est impossible de comprendre ce que signifie vraiment être en bonne santé. Vous avez peut-être du mal à imaginer que perdre de l’argent puisse conduire à la dépression.

 Dans notre société, l’argent est synonyme de pouvoir et en disposer signifie souvent avoir une certaine forme de contrôle sur sa vie. On a tous à souffrir, un jour ou l’autre, de la perte d’un être cher ou de quelque chose auquel on tient. La dépression est un mal qui s’attrape comme un mauvais virus. Pour un être humain, la dépression est plutôt une réaction normale. Elle permet d’affronter les pertes dont nous avons tous à souffrir, un jour ou l’autre. Suivez-moi un petit peu plus loin dans mon raisonnement.

Supposons que vous soyez déprimé depuis quelque temps et que vous vous posiez cette question:
“Quand vais-je enfin m’en sortir?” Je suis persuadé que vous avez tendance à répondre spontanément: “Jamais! ”Le suicide est, pour vous, une façon de vous sortir de cette dépression et du verre dans lequel vous êtes enfermé.

L’agressivité et vous

Nous ressentons la même chose quand, sous le coup de la colère et de la frustration, nous décidons de quitter les nôtres en mettant fin à nos jours. Nous savons fort bien qu’ils vont être profondément affectes! Nous pouvons agir sur les autres avec nos menaces de suicide de façon très efficace. Vous ne vous percevez peut-être pas comme un coléreux.. Méfiez-vous tout de même. Il est possible que vous vous voyez ainsi parce que vous n’êtes tout simplement pas en contact avec ce qui vous perturbe.

C’est dans la petite enfance qu’on nous apprend à extérioriser notre colère. Il se peut donc que, dans votre famille, il ait été mal vu de manifester son agressivité. Or, le suicide est souvent un acte de colère déclenché par la frustration et le ressentiment qui brûlent en nous. Vous êtes-vous déjà demandé si vos idées de suicide n’avaient pas un rapport avec la frustration que vous ressentiez?

Dans certaines familles, l’extériorisation de la colère n’est pas admise. Dans d’autres, elle est non seulement acceptée mais aussi encouragée. Dans les familles où la colère peut s’exprimer naturellement, on s’en accommode très bien. En revanche, quand les enfants sont élevés dans la crainte de leur colère, elle peut devenir une ennemie redoutable.

L’expression de la colère

Une colère qui se déverse sans aucune retenue est toujours notre ennemie mais, d’un autre cote, une colère qui ne peut s’extérioriser risque fort de conduire au suicide. Mais la pire façon de transformer notre colère en ennemie, c’est, de toute évidence, de la retourner contre nous. Si nous sommes assez frustrés pour ne pas être en mesure de la diriger vers qui de droit, nous avons de fortes chances d’en devenir la victime.

Alternative à la colère

Laisser sa colère exploser et perdre le contrôle de soi-même ne libère pas définitivement de l’agressivité, les chances de recommencer existent toujours. Vous pouvez apprendre à l’utiliser différemment, choisir de la manier de façon plus utile et productive. Si vous acceptez l’idée que votre colère n’est pas un réflexe incontrôlable, vous avez de bonnes chances de changer. D’ennemie, votre colère peut devenir votre amie.

Etre en colère est une chose tout à fait naturelle. Etre en colère contre soi-même et les autres est normal. Mais être en colère contre quelqu’un au point de retourner une terrifiante agressivité contre soi n’est ni naturel, ni normal. C’est plutôt une des expressions les plus destructrices du fameux cycle infernal: frustration, colère, agression.

Les méfaits du stress

On en a tellement parlé ces derniers temps que le sujet est devenu, en lui-même, stressant. Il n’y a rien de mal à être stressé. Nous devons tous apprendre à nous débrouiller avec lui car il est omniprésent. Sans lui, nous ne pourrions jamais nous dépasser ni découvrir de quelle étoffe nous sommes faits. A petites doses, le stress est donc une bonne chose pour chacun de nous.

L’imprévu et l’imprévisible

“Il n’y a rien de pire qu’un changement brutal et soudain!”
Vous aussi, vous êtes peut-être en train d’affronter une surcharge trop soudaine de stress. Si c’est le cas, sachez que des changements vont probablement se produire en vous. Des changements qui, si vous les saisissez bien, peuvent vous aider à contrôler vos réactions. Dans les cas de surcharge soudaine de stress, on cherche toujours les moyens de se soulager. On a, à ce moment-là, un besoin urgent de reprendre un peu de contrôle sur ce qui nous arrive.

C’est alors que l’idée du suicide peut surgir dans notre esprit. Il nous apparaît comme un soulagement, une solution tellement plus douce que toute cette agitation et cette sensation de désespoir intense. Grâce au suicide, nous entrevoyons une porte de sortie. Nous avons enfin le sentiment d’avoir une prise sur la vie.

Marcher ou crever

Je me demande parfois si notre obsession à toujours vouloir aller de l’avant n’est pas le signe d’une dépression naissante et l’amorce de pensées suicidaires. Cette façon d’appréhender la vie ne nous autorise jamais à faire une halte, pour sentir, par exemple, le parfum des fleurs. La philosophie du "marcher ou crever" est totalement insensée. Elle n’autorise pas les gens à être heureux la où ils se trouvent dans l’échelle sociale. Elle ne leur permet pas d’être bien dans le travail qu’ils aiment. Elle nous culpabilise de prendre du bon temps et de nous réjouir de ce que nous faisons.

L’espoir malgré tout

De toutes les émotions que vous avez à vivre (dépression, colère, solitude...) la plus inquiétante est le sentiment de désespoir. C’est un des états émotionnels les plus dangereux qui soient. Sans espoir, on désespère de tout avenir, de tout soulagement, de tout traitement, de toute promesse qu’un jour les choses pourront aller mieux. Ce sentiment de découragement total donne prise aux idées suicidaires. Il les renforce même.

Le maître de l’univers

La première fois que vous avez appris à faire de la bicyclette comme il était difficile de trouver l’équilibre sur vos deux roues.  Pourquoi avez vous persisté dans vos efforts?
Vous êtes tombé, bien sur, vous vous êtes écorché le coude ou le genou. Puis, graduellement vous avez trouvé votre équilibre. Vous avez compris que vous deviez continuer à pédaler et à avancer pour ne pas tomber. Par la suite, vous avez pu faire cent mètres. Et, en quelques heures, vous vous êtes senti le maître de l’univers, prenant possession de la rue comme si elle vous appartenait .

Ce sentiment, d’être le maître du monde, est ce que nous recherchons tous dans ce que nous entreprenons. C’est le plus merveilleux des sentiments. Il nous donne une impression de pouvoir et de contrôle immense sur nous-mêmes; il nous permet de saisir notre problème à pleines mains! Ce sentiment est le meilleur traitement contre l’impuissance et le désespoir. Il est même le seul.
Si votre professeur ne vous avait pas encouragé, le premier jour de classe, à prendre la parole devant tout le monde, l’auriez-vous jamais fait? Probablement pas.

Comment lutter contre le désespoir

Entreprendre une tache, aussi minime soit-elle, la mener à bien et être ainsi content de soi, apporte l’impression de contrôler et de réaliser quelque chose. Je ne cherche pas à surestimer l’importance de ces sentiments. C’est ce qui arrive quand on contrôle la petite part de sa vie qu’on peut contrôler en menant à bien de petites taches. Et ce sentiment, personne ne pourra vous l’enlever.

Vous commencerez à sentir renaître une certaine maîtrise de vous-même. La maîtrise de soi, ce sentiment d’être responsable de sa propre destinée, est de mon point de vue aussi fondamentale que la santé physique et mentale. Elle est aussi essentielle, vitale, que la nourriture, l’eau, l’air et l’amour. Aussi simple que cela puisse paraître, ce que vous avez fait est pour vous une chose positive

Drogues, alcool et erreurs fatales

Vous savez déjà que la drogue et l’alcool sont l’un et l’autre de puissantes et merveilleuses aides. Si ce n’était pas le cas, vous n’en consommeriez probablement pas. Ces produits n’ont pas leur pareil pour agir sur nos humeurs. Nous pouvons les avaler, les boire, les sniffer, les injecter dans les veines, l’effet est quasiment miraculeux. Il se produit en quelques minutes ou en quelques secondes. Avec une dose suffisante, nous nous sentons devenir des dieux. Nous pouvons planer, pire, faire fi de nos soucis, nous sentir  bien avec les autres et avoir la sensation que plus rien ne pourra jamais nous atteindre et nous faire du mal.

Ça fait quarante ans que je travaille dans ce secteur et s’il existait un moyen de trouver un traitement rapide, permettant aux gens de s’en sortir ou d’être soulagés, je l’aurais inventé il y a bien longtemps. J’aurais même déposé un brevet. Il y a de nombreuses années que j’ai compris que tout ce qu’un psychothérapeute peut proposer, comparé à l’alcool, aux drogues et au sexe, est  bien peu.

Je suis préoccupé par ce qui pourrait vous arriver sous l’effet de deux dangers qui vous menacent conjointement: les pensées suicidaires mêlées à une drogue et/ou à de l’alcool. Et comme tous ces produits chimiques agissent efficacement, vous avez pris la dangereuse habitude de boire ou de vous droguer chaque fois que vous devez affronter quelque chose qui vous effraie ou que vous devez supporter une déception. Vous vous êtes rendu compte que la drogue vous armait contre la peur.

Et c’est bien là que réside le risque.  Si vous vous droguez pour changer d’humeur et si votre changement d’humeur vous permet d’envisager plus facilement le suicide, alors vous êtes bel et bien en danger. Sous l’influence de la drogue ou de l’alcool, vous voilà plus facilement en mesure de faire ce qui, par ailleurs, vous effraie tellement. En termes clairs, vous aurez moins peur de mourir. Toutes les études consacrées au sujet confirment que les personnes qui boivent ou qui se droguent se suicident plus souvent que les autres.

Des erreurs fatales

L’interaction des drogues entre elles, je souhaiterais vous faire prendre conscience de la dangereuse alchimie que cela peut provoquer dans votre corps. Vous risquez  d’en mourir même si telle n’était pas votre intention. L’association drogue-alcool est responsable de centaines de morts chaque année.

Il n’est pas toujours évident de savoir si la personne qui est morte à la suite de l’absorption d’une telle mixture voulait vraiment se suicider. Des gens illustrés, comme Judy Garland, Marylin Monroe, Elvis Presley, Romy Schneider, sont, morts ainsi...Tout cela pour vous démontrer que si vous songez au suicide, vous devez au moins le faire la tête froide.

Mourir à cause de ses parents

Une mère qui accompagnait sa fille au service des urgences après qu’elle eut absorbé, pour mourir, plusieurs dizaines de cachets d’aspirine, se crut obligée de me faire cette remarque: “Elle ne savait pas ce qu’elle était en train de faire. C’était un accident. Je suis sure qu’elle n’avait pas vraiment l’intention de se faire du mal. Ne vous inquiétez pas. Je vais la ramener à la maison et la surveiller pour qu’elle ne recommence jamais une pareille bêtise. Dieu m’est témoin! Son père et moi, nous ne lui avons jamais appris à agir de la sorte. Je vous promets de la tenir à l’oeil pendant un bon mois.”

Ces parents peuvent-ils prétendre au qualificatif de parents aimants? C’est possible, mais ce qui est clair aussi c’est qu’ils ne savent absolument pas comment se comporter face à leur enfant quand celui-ci manifeste le désir de mourir! Ces parents étaient certes très contrariés. Chacun d’eux a donc fait ce que beaucoup de parents font en pareil cas: ils assènent des reproches à leur enfant.  Cette réaction n’est pas rare. N’allez donc surtout pas imaginer que, par votre tentative de suicide, vous allez tout à coup vous découvrir des parents aimants! Il est possible, bien sur, que vous attiriez leur attention. Vos parents comprendront peut-être que quelque chose ne tourne pas rond, mais il y a de grandes chances pour qu’ils s’imaginent que vous êtes seul responsable. Pas une minute, il ne leur viendra à l’esprit qu’ils puissent être impliqués dans  votre mal-être.

Nos parents ne sont pas parfaits

Il faut que vous sachiez aussi que certains adultes ne savent tout simplement pas comment s’y prendre pour être de bons parents. C’est sans doute la pire des situations à vivre. Leurs propres parents n’étaient peut-être pas eux-mêmes des gens très affectueux. On ne leur a ainsi jamais appris à être de bons parents.

Des parents immatures

J’ai rencontré de nombreux pères et mères qui n’étaient, sinon par leur age, guère plus murs que leurs enfants! Sur le plan émotionnel, ils étaient encore totalement  immatures.
Je vous en supplie, n’écoutez pas vos parents quand ils vous disent que vous êtes une charge pour eux! Ce n’est pas parce que, tout à coup, vous leur tirerez votre révérence, en vous donnant la mort, qu’ils se mettront à devenir adultes et à prendre leurs responsabilités. Il y a de fortes chances pour qu’après votre suicide ils cherchent une autre personne à qui faire les mêmes reproches. Vous suicider, pour ne plus être en travers de leur chemin, n’est pas la solution.

Des parents en colère

Le manque d’amour et de compréhension de parents immatures est une souffrance à laquelle un enfant doit parfois faire face. Mais il y a pire encore. Parfois nos parents sont coléreux, haineux à l’égard l’un de l’autre. Ils n’arrêtent pas de se battre. Ils en arrivent même aux mains. Ils s’interpellent et s’injurient. Il se peut même que l’un menace de tuer l’autre ou de se suicider pour faire pression sur lui. Un enfant prisonnier d’une famille, où la violence est constamment présente, n’a guère de difficulté à penser au suicide comme échappatoire!

Mourir pour attirer l’attention

Votre père ou votre mère ne sont peut-être pas capables de vous donner l’amour ou le temps dont vous avez besoin. Ecoutez  donc ce que je vais vous proposer, même si cela vous semble un peu curieux: Et si c’était vous qui donniez l’exemple à vos parents? Peut-être pourriez-vous leur montrer que vous pouvez être plus mur qu’eux!

L’amour à tout prix

Je ne sais pas si votre père et votre mère vous aiment vraiment. Peut-être n’en savez-vous rien vous-même. Quoi qu’il en soit, menacer ou tenter de vous suicider ne vous apportera aucune preuve de leur amour. Votre tentative attirera bien sûr leur attention. Elle les aidera probablement à  comprendre que quelque chose ne va pas. Mais elle ne provoquera pas, pour autant, des changements durables. C’est un bien grand risque pour un piètre résultat. Contrairement à ce que vous pensez, sachez que si vous tentez de vous suicider, vos parents peuvent vous aimer encore moins qu’avant. Si votre tentative échoue, ils seront très en colère contre vous.

Le droit de vivre

Dès l’instant où nous naissons, nous avons tous droit à la vie. La loi est là pour nous le rappeler, et chaque individu doit faire son possible pour conserver intégralement tous ses droits. Personne, pas même vos parents, ne peuvent vous les enlever. Si par malchance, vous êtes né dans une famille qui ne veut pas de vous ou qui ne sait pas comment vous aimer, je vous en prie, souvenez-vous de ces trois choses : Vous êtes l’être au monde qui compte le plus pour vous. Vous appartenez moins à vos parents qu’à la vie elle-même. Vous êtes un maillon essentiel dans la chaîne de la vie.

Pour ceux qui ont essayé

 Il est important en effet que vous compreniez, même si vous avez déjà tenté de vous suicider, que rien ne vous oblige à recommencer. Et il n’est pas dit que vous n’essayerez pas, un jour, à nouveau.

Vos propres réactions

L’expérience m’a appris qu’après une tentative la plupart des gens sont complètement effrayés par ce qu’ils viennent de faire. Les jours qui précédent la tentative, beaucoup d’entre eux ont le sentiment de bien contrôler leur avenir. C’était comme s’ils avaient réussi finalement à maîtriser ce qui leur semblait, jusque-là, insurmontable. Immédiatement avant de passer à l’acte, certains  ressentent un calme indéniable et même une certaine sérénité.

Mais, après la tentative de suicide, leur sensation de contrôle se dissipe. Ils ont alors, une nouvelle fois, l’impression d’être rejetés de ce monde chaotique d’où ils  ont voulu s’échapper. Ils découvrent que rien n’a changé autour d’eux. Parfois, la situation est encore pire. Ils se rendent compte avec frayeur de la force de leurs propres émotions. Et ces émotions, capables de les pousser au suicide, les terrorisent littéralement.
 
Les réactions de l’entourage

Vous avez effrayé tous ceux qui vous aiment. Il est difficile de prévoir comment chacun va maîtriser sa peur. Vous pouvez tout de même être sur que vos proches seront, pendant quelque temps, totalement affolés. Et leur affolement n’a, en partie, rien à voir avec vous, ni même du reste avec eux-mêmes.

Si vous continuez à vivre avec ceux qui espèrent ainsi faire l’impasse sur votre tentative, vous avez toutes les chances de rester seul avec vos problèmes. Il vous faudra réfléchir, sans aide, à la façon de vous en sortir. Alors, s’il existe un moyen d’aborder ce sujet tabou, c’est maintenant qu’il faut le découvrir. S’il le faut, quittez votre famille et vos potes et copines. Cherchez quelqu’un qui puisse comprendre ce que vous avez cherche à faire. Trouvez une personne qui puisse vous aider, par son regard extérieur et son soutien, à trouver une meilleure solution que le suicide.

Des issues positives

N’oubliez pas: une tentative de suicide n’est pas obligatoirement suivie d’une autre. Au contraire. Elle peut être l’occasion d’un nouveau départ dans la vie et, si vous le souhaitez, d’une renaissance.

Les suicides ratés

Les candidats au suicide qui échouent dans leurs tentatives sont nombreux. Quand on décide de se suicider, on n’imagine pas à quel point il est difficile de tuer un être humain. Contrairement à ce qu’on croit généralement, nous sommes solides comme des rocs. Ne vous fiez donc pas à ce que vous pouvez voir à la télévision ou au cinéma. Dans la vie, nul ne meurt aussi rapidement et aussi facilement que dans les westerns. En cas d’échec, vous avez de fortes chances d’en ressortir défiguré ou handicapé. Je vous l’accorde c’est dur à entendre mais c’est la stricte vérité.

Je sais bien qu’il ne suffit pas de vous dire que des conséquences terribles et imprévisibles peuvent se produire en cas de suicide raté. Dites-vous tout de même que lorsqu’on se trouve affreusement seul, et qu’on s’interroge sur la vie et la mort, on risque de se raconter des histoires. On fait tout pour se convaincre que la solution que l’on a retenue pour son suicide sera infaillible.

Des ricochets

En dehors de toutes ces conséquences corporelles dont je viens de vous parler, une tentative de suicide ratée peut provoquer une foule d’autres complications. La réaction de votre entourage, ce que vous sentirez et penserez vous-même, les changements dans votre vie après cet événement sont autant de complications imprévisibles.

Ceux qu’on laisse

En choisissant de mourir, c’est comme si vous aviez déchiré toutes les images de bonheur qui se trouvaient dans l’album familial. C’est comme si vous aviez inscrit en lettres noires le mot SUICIDE sur tous les visages qui s’y trouvaient. Plus rien ne sera jamais comme avant dans votre famille. Et ceux que vous laissez derrière vous n’ont pas fini de payer les pots cassés! A leur tour, il se peut qu’ils deviennent suicidaires. Pour échapper à la souffrance, ils risquent, eux aussi, de se demander si le suicide n’est pas, en fait, la bonne solution! Ils songeront peut-être même à mourir pour vous rejoindre là où vous êtes! D’autres scénarios sont encore prévisibles. Vos proches peuvent avoir la sensation de devenir fous ou de perdre le contrôle d’eux-mêmes.

D’autres traverseront peut-être une longue et dangereuse dépression et, dans la plupart des cas, tous les membres de votre famille se sentiront coupables, furieux et désemparés. Bien sûr, ils feront tout leur possible pour se rappeler les moments heureux qu’ils ont vécus avec vous. Quoi qu’ils fassent pourtant, il leur restera en mémoire cette insupportable et triste fin que vous leur avez imposée. Si vous avez des enfants, c’est comme si vous leur aviez jeté un sort. En vous suicidant, vous leur avez montré le chemin et donné l’autorisation de disposer de leur vie. A leur tour, ils voudront, un jour, faire comme vous.

Le temps qui guérit

Rappelez-vous qu’au fur et à mesure que le temps passe, beaucoup de gens perturbés commencent à se sentir mieux et leurs symptômes s’estompent. C’est un constat que font tous les spécialistes. Toutes les crises, même les crises suicidaires, n’ont qu’un temps. Par nature, une crise n’a pas de raison de s’éterniser.
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Le lot commun

Quelles que soient les raisons qui vous poussent au suicide, si vous pouvez les envisager sous un autre angle et prendre un peu de recul, vous aurez de grandes chances de les trouver insuffisantes et peut-être même risibles. Beaucoup de mes patients, après une crise suicidaire, m’ont fait cette réflexion: “Quand je pense que j’ai failli me tuer pour cela!”

Où trouver de l’aide

Je ne sais si ce livre va vous aider à affronter les épreuves qui vous restent à traverser. J’espère tout de même que ce que vous trouverez dans ce chapitre vous encouragera à chercher de l’aide avant de passer à l’acte.

Surmonter sa répugnance

Si vous songez au suicide, ça veut dire que quelque chose ne va pas. Si vous voulez vous suicider, ça veut dire que vous avez besoin de l’aide. Ou est-ce que vous avez encore besoin d’autres signes?

Sortir de l’ornière

Dans pratiquement chaque ville, il existe un service de S.O.S., une ligne d’écoute, un centre préventif ou un centre d’hygiène mentale

L’aide professionnelle

Si vous souhaitez de plus amples informations sur les professionnels de l’aide psychologique……...

Les médecins de famille

La plupart des généralistes n’ont reçu aucune formation appropriée pour vous aider. Surchargés de travail, beaucoup n’ont pas le temps d’écouter les personnes en proie à de graves difficultés. La plupart ne reçoivent leurs clients que quinze minutes en moyenne. Il ne faut donc pas vous faire d’illusions. Ils ne peuvent pas vous consacrer une heure. Malheureusement, aussi tragique que cela puisse paraître, beaucoup de candidats au suicide ont été traités par leur médecin de famille. Parfois, ils l’ont consulté le jour même où ils ont mis fin à leurs jours

Les psychiatres

Parmi les médecins, les psychiatres sont directement formés pour vous aider, quels que soient les problèmes qui vous ont amené à envisager de vous suicider.

Les psychologues

Les psychologues travaillent dans diverses structures: hôpitaux, cliniques, cabinets privés.
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Les travailleurs sociaux

Bien que tous les travailleurs sociaux ne soient pas des psychothérapeutes spécialement formés, beaucoup se sont spécialisés dans cette branche.

Les infirmiers psychiatriques

Depuis que la profession existe, les infirmiers font partie intégrante des équipes d’hygiène mentale.

Les spécialistes des centres de toxicomanie et d’alcoologie

La plupart de ces professionnels ont reçu une solide formation dans le domaine du comportement humain. On leur a appris ce qu’il faut faire pour aider quelqu’un à traverser une crise suicidaire.

Comment choisir son thérapeute?

Si comme la plupart des gens, vous n’êtes pas sur de ce que vous entreprenez en consultant un thérapeute, n’hésitez pas à lui demander s’il vous recevra seul, avec votre conjoint ou votre famille, quelle sorte de thérapie il pratique et combien coûtera chaque séance. Je ne vous conseille pas de le tenir une demi-heure au téléphone; vous pouvez, si besoin est, noter vos questions par écrit afin d’être bref et précis.

Une philosophie de vie

Heureux ceux qui ont réussi à se forger une philosophie de la vie! J’imagine malheureusement que, si vous avez envisagé de vous suicider, c’est que, ces derniers temps, la vie vous a semblé insupportable. Vos croyances en des valeurs constructives et positives ont du être totalement bouleversées. Pendant toutes ces heures noires, vous avez sans doute eu des difficultés à trouver un but, une raison de continuer à exister.

La quête de soi

Prenez maintenant le temps de vous offrir le luxe de réfléchir sur ce que ça veut dire pour vous d’être un être humain et de vivre une vie. Vous verrez, vous entreprendrez ainsi une quête spirituelle et même existentielle. Certains me diront que je n’ai pas à me mêler de ce genre de problèmes philosophiques, religieux ou spirituels. Mais ce que pensent les autres, en ce moment, m’importe peu. Ce qui compte, c’est que je suis en accord avec moi-même. Et ma principale conviction est que, si vous commencez à vous introspecter et entreprenez cette quête, vous serez beaucoup plus fort.



                                                                            

  

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